Hiro parti en courant, la tête baissée pour ne pas attirer les gardes. Neko et moi-même l’observions. Il se dirigea vers l’Ouest, contourna la station relais et disparu derrière un paquet de boites empilées les unes sur les autres. Nous ne faisions aucun bruit, attentions en silence que le courant soit coupé et les alarmes débranchées. Il faisait froid et l’air passait à travers mon manteau, rentrait sous mon pull. Je frissonnais mais je ne parvenais pas à déterminer si cela venait de la température ou bien de la peur que je ressentais…
Après quelques minutes, nous vîmes deux gardes se retourner et marcher dans la direction de Hiro. Comme le système de sécurité semblait toujours fonctionner, je commençais à m’inquiéter ! Neko se leva d’un coup, me tira par la manche, me faisant comprendre que je devais la suivre.
Kenji: Qu’est ce qui se passe ? Pourquoi les projecteurs fonctionnent toujours ? Qu’est ce qu’il fout Hiro ?! On va se faire repérer si on quitte notre planque !
Neko: Ne t’inquiètes pas, il sait ce qu’il doit faire. Dans quelques secondes, nous pourrons entrer dans le bâtiment.
Kenji: Mais com… !!
Soudain, comme Neko l’avait prévu, les projecteurs cessèrent d’éclairer les alentours, le grésillement électrique des grillages laissa place au silence et les soldats commencèrent à crier. Neko me tira vers elle et nous nous mîmes à courir vers la grille qui protégeait le côté Est du bâtiment. Une fois arrivés, Hiro nous rejoint. Il portait l’uniforme de la milice mais avait retiré son casque.
Hiro: Ca y est, le système de sécurité est désactivé. Les gardes ont quitté leurs postes. Pour nous, la voie est libre.
Kenji: C’est très bien tout ça. Comment fait-on pour entrer maintenant ?
Neko: On va faire un trou dans le grillage et passer par la fenêtre là-bas. D’après les plans, il s’agit d’un petit entrepôt. L’électricité étant coupée, les éventuels gardes ne pourront pas nous voir !
Hiro sortit de son sac une grande pince et découpa un trou dans le grillage, suffisamment grand pour nous laisser passer mais
assez discret pour ne pas attirer l’attention. Après avoir rampé sur le sol pour traverser, je me relevai et couru sous la petite fenêtre.
Neko et Hiro s’aidèrent à grimper puis ils me tirèrent tous les deux. Je sautai à l’intérieur du bâtiment et restait baissé…
Il faisait sombre dans la pièce et un silence de mort régnait. On entendait uniquement les gardes paniqués à l’extérieur.
Apparemment, ils ne comprenaient pas pourquoi tout avait sauté et agissaient de manière désorganisée, ce qui nous donnerait pas mal de
temps pour trafiquer le signal. Neko posa le plan des lieux sur le sol et alluma une petite lampe torche pour l’éclairer.
Neko: Nous sommes ici. La console qui contrôle le relais se trouve dans la salle informatique, au fond du couloir principal. Pour l’atteindre, on est obligés de passer par ce couloir et bien entendu, il est gardé.
Kenji: Et comment se débarrasse t’on de ces gardes ? Ils doivent être armés !
Hiro: Tu as oublié les grenades somnifères…
Neko: Il faudra aussi penser aux techniciens, dans la salle informatique.
Hiro: Ensuite, il faudra pirater la console centrale et modifier l’orientation de l’antenne hertzienne. Le signal proviendra du sud.
Kenji: Mais quand nous serons partis, les techniciens découvriront la source du signal ! La milice retrouvera les personnes qui auront émis le signal !
Neko: Le Boss a pris des mesures, ne t’inquiètes pas pour ça. Le signal sera relayé par plusieurs antennes pirates. Le temps qu’ils retrouvent son origine, il sera parti depuis longtemps.
Hiro: Allez, on a plus de temps à perdre. Il faut atteindre la console maintenant !!
Kenji: Au fait Hiro, pourquoi portes-tu cette combinaison de la milice ?
Hiro: Ah ça… Eh ben… Héhé… A vrai dire j’avais envie de savoir ce que ça faisait de porter ça ! C’est juste pour m’amuser.
Neko: Idiot ! Quand les soldats vont retrouver le milicien nu comme un verre, ils vont se douter de quelque chose ! Tu n’es qu’un gamin !!
Hiro: Ne t’inquiètes pas pour ça, ils ne le retrouveront pas…
Neko: Qu’est ce que tu en as fait ?
Hiro: Ben en fait, il y avait une autre entrée pour les égouts un peu plus loin derrière le relais, je l’ai mis dedans ! Hahaha. !
Kenji: Silence ! Allez on y va maintenant, on a assez perdu de temps comme ça…
Neko entrouvrit la porte de la pièce et jeta un coup d’œil dans le couloir. Elle fit un bon en arrière ! Puis elle nous expliqua que ce n’était rien, qu’un garde était passé devant la porte juste à ce moment, mais comme il faisait noir, il n’avait rien remarqué. Après s’être calmée, elle regarda à nouveau dans l’entrebâillement de la porte et nous fit signe du doigt. Hiro et moi la suivirent dans le couloir. Nous marchâmes, accroupis, jusqu’à une seconde porte qui donnait sur le couloir principal. Là, Hiro se munit d’une grenade somnifère qu’il dissimula dans son dos. Les deux gardes qui étaient postés devant l’entrée de la salle informatique virent arriver un membre de la milice. Ils commencèrent par saluer et demandèrent ce qu’il venait faire ici. Hiro leur expliqua qu’il venait les relever car ils étaient demandés à l’extérieur, la sécurité ayant été débranchée. Ils devaient surveiller le périmètre du bâtiment. Les gardes quittèrent leur poste mais après quelques pas, se retournèrent et braquèrent Hiro avec leurs armes !
Garde 1: Qui es-tu ?
Hiro: Je vous l’ai dit ! Je viens vous relever !!
Garde 2: C’est bien ce que je pensais, tu n’es pas de la milice ! Les miliciens ont une voix robotisée ! C’est fait exprès pour que personne ne puisse les infiltrer !
Hiro: (… Mince !! Comment j’ai pu oublier la voix ?! Ah vraiment c’est malin !! ) C'est-à-dire que…
Hiro dégoupilla sa grenade et la jeta aux pieds des gardes qui reculèrent d’un coup, oubliant le jeune rebelle un instant. La grenade dégagea le gaz somnifère et pendant que Hiro s’enfermait rapidement dans la salle informatique, les gardes s’évanouissaient. Neko et moi-même avions assisté à la scène et, après avoir attendu quelques secondes, fonçâmes vers la salle de la console centrale, nos manches plaquées sur nos bouches pour éviter de respirer le gaz… Une fois à l’intérieur, Nous découvrîmes Hiro, en train de viser les deux ingénieurs présents avec une barre en fer.
Hiro: Tenez les en respect jusqu’à ce que je termine de pirater la console. J’en ai pour 2 minutes. Neko, surveille la porte. Si les gardes arrivent, on est mal !
Neko: Ca marche. Dépêches-toi surtout !
Kenji: Allez, allez, je ne tiens pas à rester ici plus longtemps…
Hiro se mit au travail. Ses doigts pianotaient sur le clavier à toute allure. Il était en train de passer les sécurités du terminal informatique. Je dois dire qu’il avait une sacrée réputation dans ce domaine. Aucune sécurité ne pouvait lui résister bien longtemps. Au bout d’une minute, il avait craqué le mot de passe et commençait à faire pivoter l’antenne relais. Je ne perdais pas des yeux les deux ingénieurs qui étaient assis sur le sol, les mains dans le dos, ne disant pas un mot. Neko était près de la porte et surveillait l’arrivée d’éventuels gardes. Mais personne ne vint. Au bout d’1 minute et 55 secondes, Hiro se leva de sa chaise et nous invita à filer d’ici au plus vite.
Kenji: Tu es sûr d’avoir bien positionné l’antenne ?! je ne voudrais pas avoir à revenir ici moi.
Hiro: Mais oui, arrêtes d’être aussi pessimiste et fais-moi confiance un peu.
Neko: Allons-y, la voie est libre. Nous allons repasser par où nous sommes arrivés !
Tous les trois, nous fonçâmes jusqu’à l’entrepôt. Toujours personne pour nous barrer le passage. Après avoir sauté par-dessus la fenêtre, nous rampâmes à travers le trou de la clôture et partîmes nous mettre à l’abri derrière le talus, au sud. Il n’y avait pas un instant à perdre. Nous sautâmes dans la bouche d’égouts et retournâmes jusqu’à la ruelle. De là, Hiro nous mena jusqu’à une planque où nous devions retrouver le Boss. Mais les choses n’allaient pas se passer comme prévu…
| Chapitre précédent | Menu | Chapitre suivant |